vendredi 2 août 2013

IRONMAN DE ZURICH Part 1/3
















Et donc je reprends là où je m'étais arrêté à savoir, avec la boule au ventre en route pour Zurich en voyant le thermomètre afficher 36°C.
Sabine conduit, je ferme les yeux pour passer le temps "gratuitement" et nous entrons dans Zurich ; le GPS est complètement perdu avec tous les sens interdits et on finit par trouver tant bien que mal l'Ascott Hotel situé en fait bien plus près du départ de la course que je ne me l'étais imaginé sur le plan. J'adore quand les choses se goupillent bien toute seule :)
Juste le temps de s'installer et voici qu'arrivent Silke et Jean-Christophe, l'instigateur de ce challenge pour moi, le premier responsable de ma présence ici ;-) et 6ème IRONMAN pour lui.
Le soir, petite visite de Zurich dans la chaleur et l'humidité pour trouver un resto de pâtes, les images d'un championnat du monde de roller me reviennent à l'esprit, je reconnais bien le parcours, il faisait canicule aussi, les nouilles sur le goudron étaient super dangereuses et j'étais tombé, Eric Weinbrenner avait fait une grosse course, pinaise, comme si c'était hier, bref.
Belle ville, bon petit plat de pates mais hallucinatoirement cher, je suis frappé par le fait qu'un  véhicule sur deux ici est un véhicule de luxe, c'est invraisemblable, on se croirait dans une autre réalité. Jus de mangue frais en dessert avec une cupule de fruits rouges, le repas parfait.
J'ai toujours entendu que c'était l'avant-dernière nuit d'une compétition qui était importante alors pas d'hésitation, je file me coucher avec le sentiment agréable de tout bien faire comme il faut.
Réveil naturel à 7h30, petit déj' parfait, et on se dirige tranquillement vers le départ pour chercher nos dossards ; organisation impeccable, aucune attente, tout est super fluide, les bénévoles souriants, très appréciable ce zéro stress. Un beau sac, très pratique avec un compartiment aéré pour la combi, un bandana Skechers, des produits d'alimentation sportive, de la crème solaire (aie), etc... c'est irréprochable et incomparable avec la dotation tiers-mondiste de Belfort :D
Retour à l’hôtel, tout le monde part faire du shopping sauf moi, je fais une petite sieste de fin de matinée.
Plat de pâtes à midi, re-sieste, préparation du vélo et des 3 sacs : classique T1, T2 et affaires sèches post-course. Je rajoute un porte-bidon dédié à l’eau pour un total de 4 emplacements sur le vélo.
L’après-midi, pas question ni de courir ni de rouler, le thermomètre affiche 37°C à l’ombre, j’ai pas un seul sel minéral à gaspiller, d’ailleurs je vérifie bien que les saltsticks sont prêt. Car comme toujours, j’ai pris le risque d’inclure une nouveauté dans la course : ce sera la première fois que j’utiliserai ce complément de sels minéraux durant une course et je ne sais pas comment mon corps va réagir, mais devant l’ampleur de ce qui m’attend (distance et conditions) je ne pense pas vraiment avoir un autre choix que de prendre le risque. Et comme ça me rassure plus que ça ne m’inquiète ça me va :).
A 19h on part poser les sacs et les vélos, là encore, fluidité totale, l’organisation est irréprochable, une photo de chaque athlète/vélo est prise, j’imagine à des fins d’assurance en cas de pépin.
J’ai un peu du mal avec l’idée des pâtes le soir, je prends une jolie salade avec quelques boules de Falafel, un café, du chocolat et je monte me coucher, réveil calé à 5h22. Bonne nuit.
Réveil facile, petit déjeuner difficile, outch, je me force à avaler mon sportdej, mon gatosport et une banane, terrible, ça veut pas passer. JC lui est guilleret, son petit déj passe tout seul, on sent l’expérience.
6h00, je rentre dans ma bulle, on part à la course.
Ambiance étrange, le plafond nuageux est très bas, en complète contradiction avec la météo prévu, mais la lourdeur est de mise. Le parc est calme, gonflage des boyaux, derniers remplissages des sacs, pas de combi à mettre, l’eau est à 26,2°C.
Tout d’un coup, tout le monde se met à rire dans le parc à vélo, c’est surnaturel, en fait, il pleut quelques gouttes, là où la météo était formelle avec une canicule puis des orages à partir de 21h. Ça dure seulement 3 minutes mais tout le monde a libéré un stress, ça fait du bien au moral :).

6h40, direction le départ, l’eau est parfaite, la tension dans l’air autour des 2800 concurrents est énorme, je vois sur les visages des gens que les 3800m sans combi, ça pèse lourd. Moi, étrangement, je n’ai pas d’état d’âme. Personne n’ose trop se mettre devant, alors j’y vais, y a de la place. Le speaker commence à monter dans les tours, et d’un coup, MeuuuuuuuP ! C’est parti !
Mais très calmement en fait, je suis épaté.
Je me mets en action tout de suite, j’ai de la place, je respire un coup sur deux pour rester bien maître de mes puls, les gens sont hyper respectueux, ça se resserre un peu mais pas un accrochage, pas un coup, je kiffe. Je suis un peu dans les jambes de ceux de devant du coup je ne nage pas très académique mais ça glisse pas mal quand même. A la première bouée ça tasse un peu mais toujours en complet respect des autres, je suis très bien ; j’ai trouvé un gars en trifonction toute jaune, je le vois bien et je le suis à un rythme qui me convient parfaitement, je lui aurait même bien demandé d’accélérer un poil mais je ne sais pas comment il l’aurait pris :).
Direction la bouée suivante, on remonte le courant sur 600m, car oui, il y a du courant dans le lac, ceci expliquera avec les 3900m officiels au lieu de 3800m les temps plutôt moyens même des Elites. Tri jaune toujours en ligne de mire, on est sur un bon rythme, on a plutôt tendance à remonter le paquet, tout baigne. On tourne à 90° pour rejoindre la plage 600m plus loin pour la sortie (australienne) à mi-parcours. Et là, un des seuls incidents de course pour moi : en fait, en s’approchant de la plage on a pied très (trop) tôt, je fais 2 pas et je me coupe un orteil sur les cailloux, du coup, je plonge et je finis les 50 derniers mètres en nageant dans 60cm d’eau, mais pas le choix, je ne veux pas prendre de risque. Sortie nickel, les tapis sont impeccablement bien posés, je regarde ma 910, 36’ pour les 1900m, honnête sans combi, je suis content, j’entends et je vois Sabine m’encourager et zouh, je replonge pour refaire une boucle qui démarre avec une diagonale cette fois pour rejoindre la première bouée. Chiotte, j’ai perdu mon poisson pilote jaune, bon, va falloir trouver d’autres jambes. Mais en fait, je me retrouve un peu seul, j’ai largué mon paquet, du coup, je me sens tellement bien que j’accélère un peu pour brancher le paquet juste devant, ça me demande bien 300-400m et à la bouée je suis définitivement avec eux. Je me repose un peu à ce rythme mais je sens que ça faiblit un peu, du coup je passe de jambes en jambes pour me retrouver après la 2ème bouée sur le devant du paquet et là, je repense à l’analyse d’Eric Schenck sur sa natation à Bischwiller et je m’en inspire pour rester dans les jambes du mec de devant, le passer pour finir seul ne m’aurait pas apporté grand-chose par rapport à l’investissement physique pour nager seul devant. Bref, je me cale et je récupère, ça me va très bien. Ça se termine doucement, je suis en pleine forme, j’ai envie de refaire un tour :).
Je sors de l’eau, mon Garmin indique 1h14’12’’, ce qui compte tenu des 3900m officiels (4km au Garmin) et des deux remontées de courant pour une seul descente est un très bon temps pour moi, ce que je ne sais pas à ce moment est que je suis 369ème sur 2800 (34ème sur 350 dans mon groupe d’âge), oui, j’ai définitivement bien nagé, et je suis en pleine forme.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire